Le rachat d'Electronic Arts est bouclé, et ses nouveaux propriétaires citent déjà l'IA
Le rachat d'Electronic Arts par un consortium mené par le fonds souverain saoudien s'est achevé le 4 août 2026. L'action a cessé d'être cotée, les actionnaires ont touché 210 dollars par titre, et l'entreprise est sortie du Nasdaq après 36 ans. Le communiqué de clôture contient une phrase qui mérite d'être lue deux fois : le patron de Silver Lake y annonce vouloir investir dans ce que l'intelligence artificielle peut apporter au développement des jeux.

L'opération est la plus grosse jamais montée sur de la dette, tous secteurs confondus : 55 milliards de dollars, dont 20 milliards empruntés et adossés à l'entreprise elle-même. Elle avait été annoncée le 29 septembre 2025 et approuvée par les actionnaires le 22 décembre. Le tour de table réunit le PIF, fonds souverain d'Arabie saoudite, le fonds d'investissement Silver Lake et Affinity Partners, la société de Jared Kushner. Andrew Wilson reste aux commandes, et le communiqué lui laisse les titres de président du conseil, qu'il occupe depuis 2021, et de directeur général.
La déclaration qui retient l'attention est celle d'Egon Durban, patron de Silver Lake. Il dit vouloir « investir massivement dans la croissance d'EA, y compris dans ce que l'IA peut faire pour améliorer le développement des jeux et l'expérience des joueurs » (dans le texte : including what AI can do to enhance game development and player experience). C'est la seule technologie nommée dans un communiqué par ailleurs consacré aux remerciements d'usage.
Le contexte donne à cette phrase un relief particulier. Electronic Arts a traversé trois vagues de licenciements entre 2025 et le milieu de 2026, dont une dans les studios Battlefield en plein succès commercial de Battlefield 6. Selon la presse financière américaine, le plan présenté aux créanciers prévoit 700 millions de dollars d'économies annuelles, une exigence mécanique quand on doit rembourser 20 milliards de dette. Ni EA ni le consortium n'ont établi de lien entre ces économies et l'IA, et nous n'en établissons pas non plus. Nous notons seulement que les deux sujets arrivent ensemble, et que le communiqué ne dit rien de ce que « améliorer le développement des jeux » signifie concrètement.
Le communiqué apporte deux autres précisions. EA déclare un chiffre d'affaires net de 7,5 milliards de dollars sur son exercice 2026, au sens des normes comptables américaines. Et Turqi Alnowaiser, qui dirige les investissements internationaux du PIF, rappelle que le fonds était « actionnaire minoritaire de l'entreprise depuis plus de cinq ans » : le rachat n'est pas une irruption, c'est l'aboutissement d'une position prise de longue date.