Une cartouche Mario Bros. scellée, seule connue de sa variante, mise aux enchères chez Heritage
Une cartouche Mario Bros. scellée de 1986, la seule certifiée neuve connue de sa variante, est mise aux enchères depuis le 12 août 2026 chez Heritage Auctions. Les enchères dépassaient déjà 131 000 dollars (environ 114 000 euros) le jour de l'ouverture, avec encore une vingtaine de jours avant la clôture : de quoi menacer, sans certitude, le record de 3 millions de dollars établi en juin par une cartouche Super Mario Bros.

Le lot porte le numéro 28024 de la vente Heritage Auctions ouverte le 12 août 2026 : Mario Bros. - Arcade Classics Series, notée PSA 9,2 A++, scellée sous étiquette brillante (gloss sticker, un procédé de scellage par autocollant que Nintendo a utilisé un temps avant de généraliser le film plastique). Selon la maison de ventes, c'est le seul exemplaire scellé de cette variante précise aujourd'hui certifié, et aucune copie scellée en première production de Mario Bros. n'avait jamais été proposée aux enchères publiques avant cette vente. À l'ouverture, les enchères dépassaient déjà 131 000 dollars, avec vingt et un jours restants avant la clôture annoncée début septembre.
Mario Bros. ne doit pas être confondu avec Super Mario Bros. : c'est le tout premier jeu solo de Mario, sorti en arcade en 1983, où le plombier affronte ses ennemis niveau par niveau sur un seul écran, en cognant le sol sous eux plutôt qu'en leur sautant dessus. C'est aussi la toute première apparition de Luigi et des Koopas. Porté sur Nintendo Entertainment System aux États-Unis en 1986 sous le label Arcade Classics Series (une gamme de portages arcade distincte de la Classic NES Series lancée sur Game Boy Advance en 2004), ce jeu est donc antérieur d'origine au Super Mario Bros. de 1985, tout en lui étant postérieur sur le marché américain de la cartouche NES.
Le procédé de scellage par autocollant brillant identifie une fenêtre de production précise, entre l'abandon du premier autocollant mat (jeux de lancement, fin 1985) et la généralisation du film plastique. Nintendo produisait ces jeux par millions à l'époque, ce qui rend leur valeur actuelle presque entièrement affaire de survie à l'état neuf : la quasi-totalité des exemplaires ont été ouverts et joués dans les foyers américains. Sur Super Mario Bros., trois exemplaires scellés de la variante autocollant brillant sont aujourd'hui recensés dans le monde. Sur Mario Bros., un seul l'est, ce qui explique la comparaison spontanée des collectionneurs avec la vente record de juin.
La notation a été confiée à PSA (Professional Sports Authenticator, société de certification venue du monde de la carte à collectionner sportive, aujourd'hui l'un des deux principaux acteurs du grading vidéoludique avec Wata Games), qui appose sur chaque exemplaire noté un boîtier scellé et inviolable accompagné d'une note chiffrée. Notre guide du grading détaille comment cette note se construit et pourquoi elle pèse sur le prix d'un jeu ancien davantage que sa seule popularité.
Contrairement à la vente de juin, conclue et payée, celle-ci reste ouverte : personne ne connaît encore le prix final, ni si la barre symbolique des 3 millions de dollars sera seulement approchée. Un exemplaire unique ne suffit pas à garantir un tel montant : la demande des collectionneurs pour Mario Bros., moins connu que son cadet Super Mario Bros., reste à démontrer sur la durée de l'enchère. Notre guide sur ce qui fait la cote d'un jeu rétro détaille pourquoi la rareté documentée, et non la seule notoriété du titre, gouverne ces prix.
La vente s'inscrit dans la même actualité que celle couverte par Rétrologie en juillet, où une cartouche Super Mario Bros. scellée avait atteint 3 millions de dollars chez le même commissaire-priseur. Les deux ventes n'ont toutefois rien de comparable sur le papier : l'une est achevée et payée, l'autre est une enchère en cours, dont l'issue reste, à l'heure où ces lignes sont écrites, entièrement ouverte.