NES
La console qui a ressuscité le jeu vidéo domestique après le krach de 1983, et imposé le modèle Nintendo : des licences maison en béton et un contrôle de fer sur les éditeurs.

Repères
Histoire
La Nintendo Entertainment System naît d'un pari improbable. Quand elle arrive aux États-Unis fin 1985, l'industrie américaine du jeu vidéo sort à peine du krach de 1983 : la surproduction de cartouches médiocres et l'effondrement d'Atari avaient convaincu la grande distribution que le jeu domestique n'était qu'une mode passée. Nintendo, elle, avait déjà un carton au Japon avec sa Famicom, lancée en 1983, une petite machine 8 bits rouge et blanche pensée d'abord pour porter correctement ses jeux d'arcade à la maison.
Pour reconquérir un marché américain échaudé, Nintendo redessine tout. Exit la Famicom voyante : la NES prend l'allure sobre d'un magnétoscope, se charge par le dessus, et s'accompagne d'accessoires gadgets, le pistolet Zapper et même un petit robot, R.O.B., destinés à la faire passer pour un jouet plutôt que pour une « console » discréditée. Le lancement se fait d'abord en test à New York fin 1985, avant un déploiement national en 1986 ; l'Europe suit entre 1986 et 1987 selon les pays.
Le vrai coup de génie est ailleurs, dans le modèle économique. Nintendo verrouille sa machine avec une puce d'authentification, le 10NES, et n'autorise que les cartouches portant son « Seal of Quality ». Les éditeurs tiers signent des contrats stricts, au nombre de titres limité et à la fabrication contrôlée par Nintendo. Ce contrôle de fer, plus tard attaqué en justice, évite le tout-venant qui avait tué Atari et assoit une domination durable.
Restait à remplir la ludothèque, et c'est là que la NES est entrée dans l'histoire. Super Mario Bros impose en 1985 la grammaire du jeu de plateforme à défilement ; The Legend of Zelda invente l'aventure d'action à sauvegarde, Metroid l'exploration labyrinthique, Mega Man et Castlevania la rigueur du jeu d'action. Une part démesurée du canon du jeu vidéo est née sur cette machine grise.
Les chiffres suivent : environ 61,9 millions de NES écoulées dans le monde selon Nintendo, un record pour l'époque. La domination fut toutefois plus disputée en Europe qu'en Amérique : la Master System de Sega y résistait bien, et les micro-ordinateurs (Amstrad, Commodore, Atari ST) occupaient une large part du terrain, en France et au Royaume-Uni notamment. La NES y règne sans l'écrasante hégémonie qu'elle connut ailleurs.
Aujourd'hui, la NES est à la fois un monument patrimonial et l'un des marchés de collection les plus actifs : jeux complets en boîte, variantes PAL et titres à petit tirage s'y échangent cher, et les contrefaçons y sont légion. C'est aussi la machine dont l'esthétique 8 bits est devenue un langage visuel universel, cité et pastiché bien au-delà du jeu vidéo.
Jeux essentiels
Cinq titres pour comprendre la machine, de la référence absolue au coup de cœur.
En vidéo

En images






Y jouer aujourd'hui
La quasi-totalité du catalogue NES se rejoue facilement : abonnement Nintendo Switch Online (catalogue NES inclus), et émulation parfaite dès 45 € sur la moindre portable de notre comparateur. Les cartouches PAL restent abordables hors titres cultes ; notre guide contrefaçon s'impose avant tout achat coté, et le nettoyage d'une cartouche ressuscite bien des brocantes.
Pour l'émulation en détail (émulateurs de référence, réglages, machines conseillées), lisez notre guide dédié : Émuler la NES aujourd'hui.
Et pour passer à l'achat du matériel d'origine (prix constatés sur les ventes réalisées, pièges, checklist), lisez notre guide dédié : Acheter une NES en 2026.
La cote des machines et jeux emblématiques arrive avec l'Indice Rétrologie, notre baromètre trimestriel du marché PAL/France, actuellement en préparation.
Questions fréquentes
Combien de NES ont été vendues ?
Environ 61,9 millions d'unités dans le monde selon Nintendo, un record pour l'époque. La domination fut toutefois plus disputée en Europe, où la Master System de Sega et les micro-ordinateurs occupaient une large part du terrain.
Quelle est la différence entre la NES et la Famicom ?
La Famicom (Family Computer, 1983, Japon) est la version d'origine, rouge et blanche, à chargement par le dessus. La NES en est le redesign occidental (1985 aux États-Unis, 1986-1987 en Europe), à l'allure de magnétoscope et protégée par la puce de verrouillage 10NES.
Comment rejouer à la NES aujourd'hui ?
Le catalogue est disponible via l'abonnement Nintendo Switch Online, et l'émulation est parfaite dès 45 € sur les portables de notre comparateur. Les cartouches PAL restent abordables hors titres cultes.
Pourquoi ma NES clignote-t-elle quand je lance un jeu ?
C'est le défaut le plus célèbre du modèle occidental à chargement frontal : le connecteur à 72 broches s'encrasse et se détend. Un nettoyage des contacts, voire le remplacement du connecteur, résout le problème dans la grande majorité des cas.
Fallait-il vraiment souffler dans les cartouches NES ?
C'est le geste-culte de toute une génération, mais il est déconseillé : l'humidité de l'haleine accélère l'oxydation des contacts. Un nettoyage à l'alcool isopropylique est bien plus efficace et sans risque, comme l'explique notre guide dédié.
Qu'est-ce que le Famicom Disk System ?
Une extension japonaise de la Famicom, utilisant des disquettes propriétaires. Elle offrait plus d'espace et un son supplémentaire, mais est restée cantonnée au Japon et n'a jamais été commercialisée en Occident.
Comment repérer une contrefaçon de jeu NES ?
Étiquettes, vis, qualité d'impression et carte électronique sont les points de contrôle ; notre guide pour repérer une contrefaçon détaille la méthode complète.
À explorer aussi
L'actualité NES

Hercules no Eikou II, RPG Famicom de 1989, ressort via Console Archives
Hamster réédite depuis le 16 juillet 2026, sur PS5 et Switch 2, ce RPG Famicom de Data East jamais sorti hors du Japon, avec interface traduite mais contenu resté en japonais.

RetroTINK 4K : le firmware 1.56.0 automatise le réglage de phase et simplifie le Lumacode
Le firmware 1.56.0 du RetroTINK 4K automatise le réglage de phase sur la version CE et simplifie l'installation du Lumacode, avec un nouveau profil prêt à l'emploi pour la NES.

Konami et M2 réunissent treize Goemon, un shoot caché en bonus
M2 et Konami réunissent treize Ganbare Goemon au Japon pour les 40 ans de la série, avec un shoot Famicom inédit, Crisis Force, caché dans le coffret.




