Hiroshi Yamauchi
Il a pris à 22 ans la tête d'une fabrique de cartes à jouer fondée par son arrière-grand-père, et l'a quittée 53 ans plus tard au sommet du jeu vidéo mondial. Hiroshi Yamauchi ne jouait pas, ne s'en cachait pas, et a pourtant signé les paris les plus lucides de l'histoire du médium.

Repères
- Né le
- 7 novembre 1927, Kyoto
- Mort le
- 19 septembre 2013, Kyoto
- Président de Nintendo
- de 1949 à 2002, 53 ans de règne
- Héritage familial
- l'entreprise fondée en 1889 par son arrière-grand-père, fabricant de cartes hanafuda
- Successeur
- Satoru Iwata, choisi hors de la famille fondatrice
Son parcours
Élevé par ses grands-parents après le départ de son père, Yamauchi interrompt ses études de droit à Waseda en 1949 : son grand-père, victime d'une attaque, lui laisse la présidence de la fabrique familiale de cartes à jouer. Il a 22 ans, aucun crédit auprès des anciens, et il pose une condition restée fameuse : être le seul membre de la famille dans l'entreprise. Ceux qui doutent de lui sont congédiés.
Deux décennies durant, il cherche ce que Nintendo doit devenir : cartes en plastique, cartes Disney vendues à 600 000 jeux en un an au Japon, entrée en Bourse en 1962, puis une série d'aventures hasardeuses, taxis, riz instantané, hôtels pour couples, dont l'échec le convainc de ne plus jamais s'éloigner du jeu. Restent les jouets, et un ingénieur de maintenance nommé Gunpei Yokoi dont le bras articulé, l'Ultra Hand, montre la voie.
Le pari de sa vie est la Famicom, lancée en 1983 : une console pensée pour coûter le moins cher possible, vendue à perte s'il le faut, financée par les jeux. Notre dossier sur la naissance de la NES raconte ce basculement. Yamauchi impose au passage un système de licences qui verrouille la qualité et les marges, embauche sur intuition un jeune dessinateur nommé Shigeru Miyamoto, et fait de Kyoto le centre du jeu vidéo mondial pendant une décennie. L'homme ne joue jamais : il juge les jeux en regardant les autres y jouer, et son instinct devient légendaire.
Son règne s'achève avec la même liberté qu'il a exercée toute sa vie : en 2002, à 74 ans, il choisit pour successeur Satoru Iwata, un programmeur extérieur à la famille fondatrice, rompant avec plus d'un siècle de transmission dynastique. Propriétaire des Seattle Mariners depuis 1992, dont il n'a jamais vu un match en personne, classé première fortune du Japon par Forbes à la fin des années 2000, il meurt à Kyoto le 19 septembre 2013. Nintendo est resté ce qu'il en a fait : une maison de Kyoto qui ne ressemble à aucune autre.
Ludographie
| Année | Jeu | Rôle | Machine |
|---|---|---|---|
| 1980 | Game & Watch | Feu vert et commercialisation | portable |
| 1983 | Famicom | Feu vert et lancement | NES |
| 1989 | Game Boy | Feu vert | portable |
| 1990 | Super Famicom | Feu vert | Super Nintendo |
| 1996 | Nintendo 64 | Feu vert | Nintendo 64 |
| 2001 | GameCube | Dernière console de sa présidence | GameCube |
Yamauchi n'a jamais conçu un jeu ni pratiqué ceux des autres : cette table liste les machines nées de ses arbitrages. Les dates sont celles du lancement japonais.
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Questions fréquentes
Hiroshi Yamauchi jouait-il aux jeux vidéo ?
Non, et il ne s'en cachait pas. Il jugeait les jeux en observant les réactions de ceux qui y jouaient, et tranchait sur cette seule intuition. Son palmarès plaide pour la méthode.
Pourquoi a-t-il choisi Satoru Iwata ?
Parce qu'il estimait que l'entreprise avait besoin d'un dirigeant qui comprenne la fabrication des jeux. En 2002, il a désigné ce programmeur de 42 ans, extérieur à la famille fondatrice, rompant une transmission dynastique vieille de plus d'un siècle.
Que faisait Nintendo avant les jeux vidéo ?
Des cartes à jouer, depuis 1889 : les hanafuda, cartes florales traditionnelles, puis des cartes occidentales et des jouets. Le virage vers le jeu électronique date des années 1970, sous la présidence de Yamauchi.
Autres personnalités
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Sources. Fiches Wikipédia consultées les 6 et 7 août 2026 et sources qu'elles citent, notamment Simon Parkin, « Meeting Mikami », Eurogamer, 19 juillet 2013 ; Chris Greening et Don Kotowski, « Yuzo Koshiro Interview », Game Music Online, février 2011 ; Nick Paumgarten, « Master of Play », The New Yorker, 20 décembre 2010 ; les entretiens Iwata Asks de Nintendo ; « The Game Makers », GamePro, août 1995 ; « Farewell, Game Boy », Electronic Gaming Monthly, décembre 1998. Les citations d'Electronic Games de juin 1993 ont été lues sur le scan du magazine.