Eiji Aonuma
Aucune grande série n'est restée aussi longtemps entre les mêmes mains : depuis Ocarina of Time, où il dessinait les donjons, Eiji Aonuma n'a plus quitté The Legend of Zelda. Réalisateur, puis producteur, il a fini par casser lui-même la formule qu'il avait passé vingt ans à verrouiller.

Repères
- Né le
- 16 mars 1963, préfecture de Nagano
- Formation
- Université nationale des beaux-arts et de la musique de Tokyo, diplômé en 1988
- Entré chez Nintendo
- en 1988, à la R&D2 de Masayuki Uemura
- Série de sa vie
- The Legend of Zelda, depuis Ocarina of Time
- Rôle actuel
- Producteur de la série Zelda
Son parcours
Diplômé des beaux-arts de Tokyo, où il fabriquait des marionnettes, Aonuma entre chez Nintendo en 1988, dans l'unité R&D2 de Masayuki Uemura, une équipe surtout tournée vers le matériel. Il participe à NES Open Tournament Golf en 1991, puis réalise en 1996 Marvelous, un jeu d'aventure sur Super Famicom ouvertement inspiré de A Link to the Past. C'est ce pastiche assumé qui attire l'attention de Shigeru Miyamoto : puisqu'il imite Zelda si bien, autant lui confier le vrai.
Sur Ocarina of Time, chantier au long cours de la Nintendo 64, Miyamoto répartit la direction entre quatre hommes : Toru Osawa, Yoichi Yamada, Yoshiaki Koizumi et Aonuma, qui hérite des donjons. Notre Relecture mesure ce que ces donjons de 1998 ont conservé de leur intelligence. Quand Miyamoto propose ensuite de recycler le jeu dans une réédition à donjons remaniés, Aonuma, qui n'a aucune envie de défaire son propre travail, obtient de faire un vrai nouvel épisode, à une condition restée célèbre : le finir en un an, contre trois pour Ocarina. Ce sera Majora's Mask, sorti en avril 2000, le Zelda le plus étrange de la série.
Réalisateur de The Wind Waker en 2002, il assume le choc du dessin animé en cel-shading, conspué à l'annonce puis réhabilité en classique. Il espérait passer à autre chose : Miyamoto lui assigne Twilight Princess, qu'il réalise en 2006, avant de devenir producteur de la série et de la piloter épisode après épisode, de Phantom Hourglass à A Link Between Worlds, en gardien d'une formule de plus en plus codifiée : donjons, objets, ordre imposé.
Le plus beau geste de sa carrière est de l'avoir démolie : constatant l'usure de la recette, il produit Breath of the Wild en 2017, qui rend au joueur la liberté totale du Zelda de 1986 et jette les conventions que lui-même avait consolidées. Le jeu redéfinit le monde ouvert, et Tears of the Kingdom prolonge l'audace en 2023. Trente-cinq ans après ses marionnettes, Aonuma tient toujours les fils de la série la plus révérée du jeu vidéo.
Ludographie
| Année | Jeu | Rôle | Machine |
|---|---|---|---|
| 1991 | NES Open Tournament Golf | Développement | NES |
| 1996 | Marvelous: Mouhitotsu no Takarajima | Réalisation | Super Famicom |
| 1998 | The Legend of Zelda: Ocarina of Time | Direction des donjons | Nintendo 64 |
| 2000 | The Legend of Zelda: Majora's Mask | Coréalisation | Nintendo 64 |
| 2002 | The Legend of Zelda: The Wind Waker | Réalisation | GameCube |
| 2006 | The Legend of Zelda: Twilight Princess | Réalisation | GameCube, Wii |
| 2007 | The Legend of Zelda: Phantom Hourglass | Production | Nintendo DS |
| 2011 | The Legend of Zelda: Skyward Sword | Production | Wii |
| 2013 | The Legend of Zelda: A Link Between Worlds | Production | Nintendo 3DS |
| 2017 | The Legend of Zelda: Breath of the Wild | Production | Switch, Wii U |
| 2023 | The Legend of Zelda: Tears of the Kingdom | Production | Switch |
Une carrière presque entièrement consacrée à une seule série. Les dates sont celles de la première sortie, au Japon sauf mention contraire.
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Questions fréquentes
Eiji Aonuma dirige-t-il encore les Zelda ?
Oui, comme producteur : il ne réalise plus les épisodes lui-même depuis Twilight Princess, mais il supervise chaque jeu de la série, de Breath of the Wild à Tears of the Kingdom.
Pourquoi Majora's Mask a-t-il été fait en un an ?
C'était le marché passé avec Miyamoto : plutôt que de retravailler les donjons d'Ocarina of Time pour une réédition, Aonuma a obtenu de faire un épisode entièrement nouveau, à condition de le livrer en un an. La contrainte explique la structure du jeu, trois jours qui recommencent en boucle.
The Wind Waker a-t-il vraiment été mal accueilli ?
Son style en dessin animé a provoqué un tollé à l'annonce en 2001, au point que Nintendo a durci le style de l'épisode suivant, Twilight Princess. Le temps a renversé le verdict : son cel-shading est aujourd'hui considéré comme celui qui a le mieux vieilli de toute la série.
Autres personnalités
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Sources. Fiches Wikipédia consultées les 6 et 7 août 2026 et sources qu'elles citent, notamment Simon Parkin, « Meeting Mikami », Eurogamer, 19 juillet 2013 ; Chris Greening et Don Kotowski, « Yuzo Koshiro Interview », Game Music Online, février 2011 ; Nick Paumgarten, « Master of Play », The New Yorker, 20 décembre 2010 ; les entretiens Iwata Asks de Nintendo ; « The Game Makers », GamePro, août 1995 ; « Farewell, Game Boy », Electronic Gaming Monthly, décembre 1998. Les citations d'Electronic Games de juin 1993 ont été lues sur le scan du magazine.