Sony arrêtera de presser des disques pour ses nouveaux jeux en janvier 2028
L'annonce est tombée le 1er juillet sur le blog officiel de PlayStation : à partir de janvier 2028, plus aucun nouveau jeu ne sera édité sur disque. Les jeux déjà parus continueront d'être vendus, mais pour la collection et la préservation, c'est un tournant historique.

Le billet, signé du responsable de la communication de Sony Interactive Entertainment, tient en trois paragraphes et pèse une tonne : la production de disques cessera « pour tous les nouveaux jeux sortant sur consoles PlayStation » à partir de janvier 2028. Passé cette date, les nouveautés ne seront vendues qu'en version numérique, sur le PlayStation Store comme chez les revendeurs, où les boîtes ne contiendront plus que des codes. Sony précise que la transition « n'a aucun impact » sur les jeux parus, ou à paraître, avant janvier 2028 au format disque, et invoque « une direction naturelle » face à des préférences des joueurs qui, selon la firme, penchent désormais largement vers le dématérialisé.
| Date d'effet | janvier 2028 |
| Périmètre | tous les nouveaux jeux sur consoles PlayStation |
| Jeux déjà parus | toujours vendus au format disque, aucun changement annoncé |
| Distribution après 2028 | PlayStation Store et revendeurs, en version numérique uniquement |
| Annonce liée, le même jour | fermeture progressive des boutiques en ligne PS3 puis PS Vita |
| Premières réactions | pétitions en ligne, protestations de revendeurs, pause des réseaux sociaux PlayStation |
Le calendrier de l'annonce n'a rien d'un hasard. Quelques jours plus tôt, les joueurs découvraient que l'édition « physique » de Grand Theft Auto VI, attendu sur PS5 le 19 novembre, se résumerait à une boîte contenant un simple code de téléchargement, déclenchant une première vague de colère. Sony officialise donc une trajectoire que le marché dessinait depuis des années, mais le passage de la tendance à la date butoir change tout : le physique n'est plus en déclin, il a désormais un certificat de décès daté.
Les réactions ont été immédiates. Plusieurs pétitions en ligne réclamant le maintien du support physique circulent, selon la presse spécialisée, et des enseignes spécialisées dans le jeu vidéo d'occasion ont fait savoir qu'elles n'entendaient pas « rester les bras croisés ». Signe de la tempête, les comptes sociaux de PlayStation ont suspendu leurs publications dans la foulée de l'annonce. Aucune inflexion de calendrier n'a toutefois été communiquée à ce jour.
L'ironie de l'histoire mérite d'être savourée : Sony a longtemps incarné le camp d'en face. À l'E3 2013, la firme ridiculisait les restrictions envisagées par la Xbox One dans une vidéo officielle restée culte, un « tutoriel » de seize secondes où le patron des studios PlayStation, Shuhei Yoshida, expliquait comment prêter un jeu : en le tendant à son voisin. Treize ans plus tard, c'est Sony qui met fin au support rendant ce geste possible.

Pour les lecteurs de Rétrologie, le billet publié le même jour est peut-être le plus important des deux : Sony y annonce la fermeture progressive de la boutique en ligne de la PlayStation 3, entamée dès cette année sur certains marchés, puis de celle de la PS Vita. Des catalogues entiers de jeux uniquement numériques deviendront alors inachetables. C'est la démonstration, grandeur nature, de ce que la préservation du jeu vidéo répète depuis des années : un disque survit à son éditeur, un serveur non.

Reste la question du collectionneur. Les disques PS4 et PS5 pressés d'ici janvier 2028 formeront la dernière génération physique de l'histoire de PlayStation, une marque dont l'empire s'est construit sur le CD puis le Blu-ray, comme le raconte notre dossier sur le règne de la PS2. Si l'histoire des supports disparus se répète, une partie de ces éditions prendra de la valeur avec le temps ; laquelle, personne ne peut le dire aujourd'hui, et notre dossier sur la cote du rétro rappelle ce qu'il advient des paris spéculatifs. Notre conseil ne change pas : achetez en physique les jeux auxquels vous tenez, pour pouvoir y jouer dans vingt ans, et laissez la plus-value venir si elle veut.