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Afterplay : l'émulation dans le navigateur vise bientôt la PSP et la Dreamcast

La plateforme Afterplay, qui fait tourner plus de trente systèmes rétro directement dans un navigateur avec sauvegardes synchronisées entre appareils, prépare le support de la PSP et de la Dreamcast. Son fondateur irlandais Patrick Corrigan détaille, dans un entretien à Time Extension, la frontière légale de son service et les limites techniques de l'émulation via le web.

La PlayStation Portable (PSP-1000) de Sony, sur fond blanc
La PlayStation Portable d'origine (PSP-1000, 2004), l'un des deux systèmes qu'Afterplay vise à émuler prochainement dans le navigateur. (CC BY-SA 3.0, Evan-Amos, Vanamo Online Game Museum.)

Lancée en 2021, Afterplay est une plateforme qui permet de jouer à des jeux rétro directement depuis un navigateur, sans installer le moindre émulateur (un logiciel qui reproduit le fonctionnement d'une console sur un autre appareil), avec une bibliothèque, des sauvegardes et des réglages synchronisés dans le nuage entre ordinateur, téléphone et tablette. Le service, qui fonctionne sous le capot avec RetroArch (un émulateur open source multi-systèmes largement utilisé dans la communauté), prend aujourd'hui en charge plus de trente systèmes classiques, de la NES à la Nintendo DS, avec des fonctions modernes comme le jeu à distance entre amis (netplay) ou le suivi de progression RetroAchievements.

Son fondateur, l'Irlandais Patrick Corrigan, raconte à Time Extension être parti d'un besoin personnel : reprendre une partie de Pokémon Rouge commencée sur son ordinateur portable, exactement là où il l'avait arrêtée, sur son téléphone en faisant la queue au supermarché. Le service a d'abord trouvé son public sur iPhone, où l'émulation restait interdite dans l'App Store jusqu'à ce qu'Apple assouplisse sa politique en 2024, avant de continuer de croître en misant sur cette portabilité entre appareils plutôt que sur la seule exclusivité mobile.

Interrogé sur la frontière légale de son service, alors qu'Afterplay permet aux joueurs d'héberger leurs propres fichiers de jeu (ROM, une copie numérique d'une cartouche ou d'un disque) dans le nuage, Corrigan la présente comme déjà bien établie : « L'émulateur et les jeux sont deux choses séparées, et l'émulation elle-même est légale et bien comprise depuis longtemps. » Le stockage fonctionne selon lui comme n'importe quel service de stockage en ligne : l'utilisateur héberge ses propres fichiers et en reste responsable. Depuis peu, Afterplay exploite aussi une boutique de jeux indépendants neufs conçus pour du matériel ancien, avec plus de cinquante titres au catalogue et un partage des revenus de 90 % pour les développeurs.

Sur les limites techniques, Corrigan explique que la PSP et la Dreamcast sont les systèmes les plus susceptibles d'arriver prochainement, tous deux jugés réalisables dans un navigateur, contrairement à des machines plus gourmandes comme la PlayStation 2, qui nécessiteraient un recompilateur dynamique (un composant qui traduit à la volée le code d'une console vers celui du processeur hôte) encore à écrire spécifiquement pour le web. Le plus gros obstacle technique reste, selon lui, Safari sur iOS, le navigateur le plus contraint en mémoire du marché : la Nintendo DS, notamment, saturait la mémoire de l'appareil avec ses jeux les plus lourds, un problème contourné en diffusant les données depuis le stockage du navigateur plutôt qu'en les chargeant intégralement.

Le service reste un complément à l'émulation locale plutôt qu'un remplacement : Afterplay ne fournit aucune ROM et suppose de posséder légalement les jeux que l'on y importe, un principe que nous détaillons dans notre guide de l'émulation légale. Pour la Dreamcast, dont nous suivons également les progrès du côté du FPGA avec le projet DreamSTer, l'arrivée d'une option supplémentaire dans le navigateur, sans aucune installation, ouvrirait une voie de plus vers un système resté difficile à émuler correctement pendant des années.

LA SOURCE
Entretien avec Patrick Corrigan, fondateur d'Afterplay, mené par Time Extension (juillet 2026). Voir la source → Site officiel →
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