Star Fox rejoint le Super FX 3, le successeur du coprocesseur SNES conçu par son propre créateur
Le développeur indépendant Sunlit, épaulé par Randy Linden, l'un des concepteurs originaux du coprocesseur Super FX de la Super Nintendo, vient de publier un patch qui fait tourner le Star Fox original de 1993 avec la puce Super FX 3. À la clé, un jeu sensiblement plus fluide, trente-trois ans après sa sortie.

Sorti en 1993, Star Fox fut le tout premier jeu à exploiter le Super FX, une puce additionnelle logée directement dans la cartouche et conçue par le studio britannique Argonaut, qui permettait à la Super Nintendo d'afficher des décors et vaisseaux en polygones 3D, une prouesse alors inédite sur une console de salon. Le patch publié cette semaine ajoute au jeu original une puce plus récente, la Super FX 3, que Randy Linden, l'un des programmeurs à l'origine du Super FX chez Argonaut, a développée pour le portage SNES de Doom édité par Limited Run Games. Le gain de vitesse est net : selon le développeur Sunlit, auteur du patch, la Super FX 3 tourne environ huit fois plus vite que la puce Mario d'origine (10,7 MHz) fournie avec Star Fox, et environ quatre fois plus vite que les puces GSU-1/GSU-2 qui ont ensuite équipé la plupart des cartouches Super FX.
Concrètement, le jeu parvient bien plus souvent à afficher ses 20 images par seconde maximum, avec beaucoup moins de ralentissements dans les passages chargés (le secteur Z et ses nombreux obstacles volants restent malgré tout un peu poussifs). Le patch ajoute également la vibration de la manette, reprise de l'édition japonaise Shindou de Star Fox, ainsi qu'un support audio optionnel MSU-1 (une extension qui permet de diffuser une bande-son en qualité CD sur des cartouches ou des émulateurs compatibles, à la place du son synthétisé d'origine).

Sunlit, interrogé par le site RetroRGB, a aussi expliqué pourquoi le jeu ne remplit jamais tout l'écran malgré cette mise à jour : la puce Super FX 3 reste limitée à une zone de dessin de 224 par 192 pixels, et chaque image doit être recopiée par le processeur central de la console vers la mémoire vidéo. Nintendo n'avait, à l'époque, pas prévu de laisser les coprocesseurs de ce type accéder directement à cette mémoire, ce qui explique les bandes noires caractéristiques de Star Fox et de ses suites. Le patch profite aussi d'un mode FastROM qui accélère légèrement le processeur central, une configuration qui, selon Sunlit, ne fonctionnait tout simplement pas sur une cartouche Super FX d'origine.
Le patch ne fonctionne pour l'instant que sur les versions de développement (non stables) de l'émulateur MesenCE, seul logiciel à avoir déjà intégré le support de la Super FX 3. Une prise en charge sur cartouche flash FXPak Pro et sur la plateforme de préservation MiSTer FPGA est annoncée comme en cours de développement, ce qui permettrait à terme de faire tourner le jeu sur une console Super Nintendo d'origine. Randy Linden a par ailleurs converti Star Fox 2, la suite restée inédite pendant vingt-quatre ans avant sa sortie officielle en 2017, pour qu'elle profite elle aussi de la nouvelle puce.
Le patch se télécharge gratuitement sur le site Romhack Plaza ; le dépôt technique consacré à la puce Super FX 3 elle-même doit être publié prochainement par Limited Run Games. Aucune contrepartie financière n'est demandée, comme c'est l'usage pour ce type de projet communautaire.
