MiSTer FPGA peut désormais lire un vrai disque de PlayStation, Mega-CD ou Saturn
Le développeur indépendant Anime0t4ku a ajouté à MiSTer FPGA la prise en charge des disques physiques pour les cœurs PlayStation, Mega-CD, PC Engine CD/TurboGrafx-16 CD, Saturn et CD-i : un lecteur optique USB externe suffit désormais à faire tourner un disque d'origine, sans passer par une copie numérique du jeu au préalable.

Le développeur indépendant connu sous le pseudonyme Anime0t4ku vient d'ajouter à MiSTer FPGA la prise en charge des disques physiques pour cinq cœurs à la fois: PlayStation, Mega-CD (le lecteur CD additionnel de la Mega Drive, distribué sous le nom de Sega CD en Amérique du Nord), PC Engine CD/TurboGrafx-16 CD, Saturn et CD-i. Comme nous l'expliquions à propos du projet DreamSTer, MiSTer est une plateforme de préservation matérielle open source (un projet dont le code reste ouvert et modifiable par tous) construite autour d'une carte FPGA (une puce reprogrammable qui recrée le fonctionnement électronique exact d'un ancien composant, plutôt que de le simuler par calcul comme le fait un émulateur classique); chaque core (le programme qui reconfigure la puce pour reproduire une console précise) devait jusqu'ici charger le jeu depuis un fichier, une image numérique du disque copiée à l'avance sur la carte SD. Il est désormais possible d'insérer un disque d'origine dans un lecteur optique USB externe branché sur MiSTer et de le lancer directement, exactement comme sur la console de l'époque.
Techniquement, la solution ne réécrit pas chaque cœur concerné: elle s'appuie sur les fichiers .mgl déjà utilisés par MiSTer pour lancer un jeu, réunis dans un nouveau dossier « Physical Disc Cores » qui apparaît après l'installation, ce qui évite à Anime0t4ku de devoir maintenir une version dérivée de chaque cœur. Seul le cœur CD-i, plus ancien, nécessite pour l'instant sa propre variante, fournie automatiquement dans le pack. Les résultats varient selon le système: Mega-CD et PC Engine CD/TurboGrafx-16 CD tournent déjà à pleine vitesse, tandis que la PlayStation reste un cran en dessous, avec un jeu presque fluide mais encore quelques accrocs sur les vidéos et la musique. Bob, de RetroRGB, précise avoir testé la fonctionnalité avec un disque PlayStation pressé d'origine, et non une simple gravure CD-R. Un lecteur optique externe suffit dans l'absolu, mais un modèle compact alimenté par le seul câble USB peut réclamer un hub USB alimenté pour fonctionner correctement, la carte MiSTer ne fournissant pas toujours assez de courant.
Le détail n'a pas échappé à la communauté: cette fonctionnalité gratuite et développée bénévolement devance la lecture de disque physique promise en façade par SuperStation One, un projet commercial de console FPGA développé par Taki Udon et doté d'un accessoire dédié, le SuperDock, encore annoncé mais pas sorti au moment de la publication de cette brève. Anime0t4ku a même fait la démonstration de sa solution fonctionnant avec ce même SuperDock, preuve que le format ouvert de MiSTer permet à la communauté de devancer certains projets fermés sur leur propre terrain. Le développeur continue d'affiner le projet et de l'étendre à d'autres cœurs; la dernière version se télécharge librement sur GitHub.
L'anecdote résonne particulièrement cette semaine où l'Union européenne a confirmé ne disposer d'aucun levier pour empêcher Sony de mettre fin aux jeux PlayStation en disque à partir de 2028: pendant qu'un éditeur referme une porte, une communauté de passionnés bénévoles en rouvre une autre, en donnant une seconde vie aux disques déjà en circulation plutôt qu'à leur seule copie numérique. Le projet, entièrement gratuit et open source, ne concerne pour l'instant que les utilisateurs déjà équipés d'une carte MiSTer et d'un lecteur optique USB: aucune distribution officielle ni aucun prix n'entre en jeu, le montage restant réservé aux amateurs prêts à manipuler eux-mêmes leur carte SD.