Deux accords viennent enfin clarifier qui possède quoi entre Commodore et Amiga
Amiga Corporation, Commodore International et Hyperion Entertainment ont signé début août 2026 deux accords qui remettent de l'ordre dans la propriété intellectuelle de Commodore et de l'Amiga, éclatée entre plusieurs sociétés depuis la faillite du Commodore d'origine en 1994.

Suivre la propriété de la marque Commodore et de sa gamme Amiga relève depuis plus de trente ans du casse-tête. Le Commodore d'origine, qui avait racheté la société Amiga Corporation pour 24 millions de dollars en 1984 à ses créateurs Jay Miner, RJ Mical et Dale Luck, a fait faillite en 1994. Ses actifs sont ensuite passés entre les mains d'Escom, liquidée à son tour en 1996 : les marques « Commodore » et « C= » ont alors suivi un chemin distinct du reste, rachetées par Tulip Computers pour des PC de bureau sans rapport avec l'Amiga d'origine, avant de changer encore plusieurs fois de mains. Le code source, les schémas matériels et le reste des actifs historiques, eux, ont fini par se retrouver entre les mains de l'actuelle Amiga Corporation, société distincte de celle qui porte aujourd'hui le nom Commodore International.
Le premier accord organise cette séparation plutôt que d'y mettre fin. Amiga Corporation reconnaît la propriété par Commodore International, dirigée par Christian Simpson, des marques « Commodore » et « C= », dont la filiation remonte à ce rachat par Tulip en 1996. En échange, Commodore International obtient une licence sur « les logiciels et la documentation des ordinateurs 8 bits de Commodore », dont les droits appartiennent à Amiga Corporation : code source, binaires, schémas matériels, données de fabrication et autres marques Amiga. Amiga conserve par ailleurs le droit d'utiliser les marques Commodore dans un cadre historique ou descriptif, comme les mentions de copyright d'origine ou les symboles gravés sur un clavier d'époque.
Le second accord règle un contentieux plus ancien avec Hyperion Entertainment, qui développe et distribue AmigaOS 4 depuis des années dans un flou juridique jamais vraiment tranché. Le nouvel accord confirme que Hyperion continuera ce travail sous licence d'Amiga Corporation, en définissant cette fois précisément quels logiciels et quelles marques sont couverts. Amiga Corporation qualifie l'ensemble de « fermeture de la boucle », quarante-deux ans après le rachat de 1984, en rappelant qu'en dehors des seules marques « Commodore » et « C= », l'essentiel des droits et des actifs de l'ère Commodore et Amiga repose désormais chez elle.
L'accord n'a rien d'un simple point juridique pour spécialistes. Jay Miner, l'un des trois fondateurs cités plus haut, était déjà connu pour ses puces graphiques et sonores sur l'Atari 2600 avant de concevoir l'Amiga comme un ordinateur personnel taillé pour l'image et le son, bien avant que le grand public n'en perçoive l'intérêt. À court terme, Time Extension souligne que cet accord ouvre la voie à une reproduction officielle de l'ordinateur Amiga par Commodore International, aux côtés de son C64 Ultimate, la machine à base de FPGA qui reproduit déjà fidèlement le Commodore 64 d'origine et qui est commercialisée depuis plusieurs mois.