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Konami part en justice pour démasquer le fuiteur du code source de Metal Gear Solid 2

Vingt-cinq ans après la sortie du jeu, le code source de Metal Gear Solid 2 a fuité en ligne. Konami a déposé plainte le 2 juin devant un tribunal américain pour identifier le responsable. Une affaire qui rouvre la question, jamais tranchée, de la préservation face au droit d'auteur.

Solid Snake et Raiden, les héros de Metal Gear Solid 2
Solid Snake et Raiden, figures de Metal Gear Solid 2: Sons of Liberty (2001), dont le code source a fuité. (© Konami, à des fins éditoriales.)

C'est une affaire qui dit beaucoup de l'état du jeu vidéo comme patrimoine. Plus tôt cette année, le code source de Metal Gear Solid 2: Sons of Liberty, sorti sur PlayStation 2 en 2001, a été diffusé en ligne. Selon la plainte, la fuite contenait le code de plusieurs versions du jeu, des ressources internes et des documents de développement jamais rendus publics, dont un portage inédit de l'édition Substance prévu pour la Wii et jamais commercialisé. Le 2 juin, Konami a saisi la cour fédérale du district central de Californie pour tenter d'identifier l'auteur des faits.

Sur le plan procédural, l'éditeur avance en terrain difficile. Ne connaissant pas l'identité du fuiteur, Konami a assigné des « John Does », ces défendeurs anonymes que la procédure américaine autorise le temps de remonter la piste. Les liens vers le code auraient circulé via deux hébergeurs de fichiers, pixeldrain.com et buzzheavier.com, ainsi que sur 4chan. Konami a demandé à notifier ces plateformes par courriel, faute d'adresse physique ; le juge a refusé en l'état, estimant que les avocats n'avaient pas suffisamment démontré leurs efforts pour trouver un contact. À ce stade, l'identité du responsable reste inconnue.

Pour situer l'enjeu, rien ne vaut de revoir ce qu'était ce jeu. Le trailer officiel de la Master Collection, qui le réédite, en rappelle l'ambition.

Trailer officiel de la Master Collection incluant Metal Gear Solid 2

Le trailer de la Master Collection Vol. 1, qui réédite Metal Gear Solid 2 (jaquette centrale) aux côtés des deux autres épisodes. © Konami. (En anglais.)

Là où l'affaire devient intéressante pour nous, c'est sur le fond. Un code source n'est pas un jeu : c'est le plan de fabrication, la recette. Sa fuite est un préjudice réel pour un éditeur, et la démarche de Konami se comprend. Mais ce même code est aussi une source historique de première valeur, celle qui permet de comprendre comment un chef-d'œuvre a été bâti, et sur laquelle s'appuient, ailleurs, les portages amateurs par décompilation dont nous parlons dans notre guide de l'émulation légale. La ligne entre archive et contrefaçon n'a jamais été aussi disputée.

Le paradoxe, souligné de longue date par les défenseurs de la préservation, est que ces fuites comblent souvent le vide laissé par les éditeurs eux-mêmes. Konami a certes réédité la trilogie dans sa Master Collection, ce qui vaut mieux que rien ; mais des pans entiers du patrimoine vidéoludique, prototypes, versions annulées comme ce Substance sur Wii, restent inaccessibles par les voies légales, et ne survivent que par des canaux gris. Poursuivre un fuiteur est un droit ; il ne dispense pas de la question de fond : que deviennent les œuvres que plus personne ne commercialise ? Nous y reviendrons.

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