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Streets of Rage 2 (1992) : test rétro et verdict 2026

Cette relecture porte sur Streets of Rage 2, développé par Sega avec le studio Ancient et sorti sur Mega Drive fin 1992. La suite qui a porté le beat them all à son sommet sur console de salon, portée par une bande-son alors jugée révolutionnaire de Yuzo Koshiro, analysée ici sur son apport d'époque autant que sur sa tenue manette en main aujourd'hui.

Jaquette de Streets of Rage 2 (1992)
Streets of Rage 2, Sega, 1992. Jaquette via IGDB.

En 1992, le beat them all existe déjà depuis cinq ans, popularisé en arcade par Double Dragon puis Final Fight. Streets of Rage 2 ne réinvente pas la formule : il la pousse plus loin que quiconque sur console de salon, avec des combats plus riches, des décors plus variés et une bande-son qui redéfinit ce qu'une puce sonore de Mega Drive peut produire. Trente-quatre ans plus tard, le jeu reste une référence citée par toute une génération de joueurs et de compositeurs.

Repères

Développeur
Sega, avec le studio Ancient (Yuzo et Ayano Koshiro)
Éditeur
Sega
Sortie
20 décembre 1992 (Amérique du Nord), 14 janvier 1993 (Japon, sous le titre Bare Knuckle II), janvier 1993 (Europe, sous le titre Streets of Rage II)
Genre
Beat them all (jeu de bagarre en défilement horizontal)
Ventes
numéro un des ventes toutes consoles confondues et numéro un des ventes Mega Drive au Royaume-Uni dès janvier 1993, numéro un des ventes Mega Drive au Japon le même mois ; troisième meilleure vente en Europe entre fin 1992 et début 1993, derrière Super Mario Kart et Sonic the Hedgehog 2

Le verdict en deux notes

Note d'époque
ce que le jeu a apporté à sa sortie
9/10
Streets of Rage 2 ne crée pas le beat them all, déjà installé par Double Dragon en 1987 puis Final Fight en 1989, mais il en devient la référence absolue sur console de salon, salué comme le meilleur représentant du genre par une large partie de la presse d'époque. Il s'impose numéro un des ventes toutes consoles confondues au Royaume-Uni et numéro un des ventes Mega Drive au Japon dès janvier 1993.
Note actuelle
selon les critères d'aujourd'hui
8/10
Les contrôles à deux boutons répondent toujours avec la même immédiateté, les quatre personnages jouables offrent de vrais styles de jeu distincts, et la bande-son de Yuzo Koshiro et Motohiro Kawashima n'a pas pris une ride. Seule la répétitivité propre au genre en solo rappelle son âge, largement effacée par le mode deux joueurs, pensé pour cela dès l'origine.

Deux notes distinctes : la note d'époque mesure ce que le jeu a apporté au médium à sa sortie (elle ne bouge plus) ; la note actuelle mesure le plaisir réel de qui le lance en 2026, selon les critères d'aujourd'hui, sans filtre nostalgique.

Streets of Rage 2 arrive dans une histoire déjà écrite : le beat them all existe depuis Double Dragon en 1987, popularisé en arcade par Final Fight de Capcom en 1989, et le premier Streets of Rage avait déjà posé les bases de la série sur Mega Drive en 1991. Ce que la suite apporte, ce n'est donc pas un genre nouveau mais un sommet : des attaques aériennes et des projections en plus des coups classiques, une attaque spéciale qui consomme une partie de la barre de vie pour balayer l'écran d'ennemis, quatre personnages aux styles nettement différenciés, et surtout une bande-son signée Yuzo Koshiro et Motohiro Kawashima qui exploite la puce sonore FM de la console avec une inventivité alors jugée révolutionnaire, empruntant à la house naissante, à la techno et au breakbeat. Cette accumulation de qualités lui vaut d'être salué par une large partie de la presse d'époque comme le meilleur beat them all sur console, devant Final Fight lui-même, au point d'être encore cité aujourd'hui parmi les plus grands jeux vidéo de l'histoire. Ce statut justifie une note d'époque quasi maximale, la seule réserve tenant à ce que le jeu perfectionne une formule plutôt qu'il ne l'invente. Manette en main aujourd'hui, l'essentiel résiste très bien : la lisibilité immédiate des coups, la précision du saut et des prises, et cette bande-son toujours citée comme une référence par toute une génération de compositeurs de jeu vidéo. Ce qui retient un peu la note actuelle, c'est la nature même du genre : avancer vers la droite en éliminant des vagues d'adversaires reste une mécanique répétitive sur la durée d'une partie solo, une réserve mineure que l'expérience à deux manettes efface presque entièrement. Notre note actuelle reflète cet écart mesuré, entre un système de jeu increvable et cette seule limite, vite oubliée en coopération.

Ce qu'il a porté à son sommet en 1992

Gameplay de Streets of Rage 2 sur Mega Drive

Streets of Rage 2 sur Mega Drive : l'original de 1992 en action.

Développé en interne chez Sega avec l'appui du studio japonais Ancient, celui de la fratrie Koshiro, Streets of Rage 2 sort en Amérique du Nord le 20 décembre 1992, un peu plus d'un an après le premier épisode. Ayano Koshiro, directrice artistique et l'une des conceptrices du jeu chez Ancient, dessine personnages et décors, tandis que son frère Yuzo Koshiro compose la musique avec la contribution de Motohiro Kawashima. Fait resté célèbre chez les passionnés de la série : la fratrie avait installé une borne d'arcade de Street Fighter II (Capcom, 1991) dans les locaux d'Ancient, et c'est cette influence directe qui façonne le système de combat de Streets of Rage 2, plus riche en coups spéciaux et en enchaînements que le premier épisode.

Le scénario reprend les héros du premier jeu un an après leur victoire sur le syndicat criminel de Mr. X. Axel Stone et Blaze Fielding ont quitté la vie de justiciers, jusqu'à ce que le jeune Eddie « Skate » Hunter, frère cadet d'Adam Hunter (l'un des héros du premier épisode, désormais policier), découvre sa maison saccagée et son frère enlevé par Mr. X, de retour aux commandes de la ville de Wood Oak City. Axel et Blaze reprennent les armes, rejoints par Skate et par le catcheur Max Thunder, ami d'Axel, pour une mission de sauvetage qui les mène jusqu'à l'île où se terre Mr. X.

Côté manette, le jeu élargit nettement la panoplie du premier épisode : attaques aériennes, projections, une Blitz Attack déclenchée par une double pression directionnelle, et surtout une attaque spéciale qui consomme une portion de la barre de vie pour frapper tous les ennemis à l'écran, en remplacement de l'attaque de police du premier jeu. Chacun des quatre personnages, Axel et Blaze aux styles équilibrés, Max lent mais surpuissant, Skate rapide sur ses rollers mais fragile, impose une façon différente d'aborder chaque combat, un vrai facteur de rejouabilité pour l'époque.

Pourquoi c'était grand à l'époque

L'accueil critique est unanime dès la sortie, avec des notes dépassant régulièrement les 90% dans la presse spécialisée de l'époque. Aux États-Unis, le magazine GamePro lui attribue la note maximale et le désigne comme « le beat them all à battre » face à Final Fight et Super Double Dragon. Au Royaume-Uni, Computer and Video Games le qualifie sans détour de « meilleur beat them all à défilement sur n'importe quel support », quand plusieurs testeurs de Sega Force estiment qu'il surpasse Street Fighter II, pourtant sa propre influence assumée.

Capture de Streets of Rage 2 (1992)
Axel Stone affronte une bande d'ennemis en pleine rue : le cœur du système de combat de Streets of Rage 2. Capture via IGDB.

Sur les ventes, le jeu s'impose immédiatement : numéro un des ventes toutes consoles confondues et numéro un des ventes Mega Drive au Royaume-Uni dès janvier 1993, numéro un des ventes Mega Drive au Japon le même mois, un score rare pour un titre occidental sur le marché japonais. En Europe, il termine troisième meilleure vente entre fin 1992 et début 1993, seulement devancé par Super Mario Kart et Sonic the Hedgehog 2, deux locomotives de leurs consoles respectives. Il reçoit par ailleurs plusieurs récompenses de la presse de l'époque, dont celle de meilleur jeu de l'année du magazine américain GameFan.

Comment il a vieilli

Sur les sensations pures, Streets of Rage 2 traverse le temps avec une aisance rare pour un jeu de 1992 : les coups répondent avec la même immédiateté qu'à l'époque, le saut et les prises restent d'une précision totale, et la bande-son de Yuzo Koshiro et Motohiro Kawashima, toujours citée comme l'une des meilleures de l'histoire du jeu vidéo, n'a strictement rien perdu de son mordant. Les quatre personnages, très différenciés dans leur vitesse et leur puissance, offrent encore aujourd'hui une vraie variété d'approche d'un même niveau.

Ce qui use davantage l'expérience, c'est la structure même du genre : avancer vers la droite en éliminant des vagues d'ennemis reste une mécanique répétitive sur la durée d'une partie solo, les huit niveaux du jeu se distinguant surtout par leur décor plutôt que par une évolution profonde du système de jeu. L'attaque spéciale à coût de vie, plébiscitée à l'époque, peut aussi sembler datée face aux systèmes de combo plus fins des jeux de bagarre actuels. Le vrai remède reste celui d'origine : le mode deux joueurs en coopération locale, pensé pour cela dès 1992, qui redonne au jeu tout son mordant et explique en grande partie pourquoi la série continue d'être citée en référence du genre.

Comment le jeu tient, critère par critère, avec nos yeux d'aujourd'hui.
CritèreVerdict en 2026
Lisibilité et contrôlesDeux boutons pour frapper et sauter, pression maintenue pour l'attaque spéciale : une prise en main immédiate, comprise dès la première vague d'ennemis, comme en 1992.
Systèmes de jeuAttaques aériennes, projections, Blitz Attack et spéciale à coût de vie : un arsenal généreux pour l'époque, mais plus mince que les systèmes de combo des jeux de bagarre actuels.
Technique et représentationGrands sprites très détaillés, décors variés (ville, plage, métro, usine, île finale), et surtout la bande-son de Yuzo Koshiro et Motohiro Kawashima, toujours citée en référence par les compositeurs de jeu vidéo.
Rythme et frictionLa boucle avancer-frapper varie peu sur huit niveaux en solo ; le mode deux joueurs en coopération locale, pensé pour cela dès l'origine, reste le meilleur remède à cette répétitivité.
Accès aujourd'huiExcellent : catalogue Mega Drive du Nintendo Switch Online depuis 2021, plusieurs compilations Sega, et un hommage direct dans le Mode Rétro de Streets of Rage 4 (2020).

Rejouer aujourd'hui, et l'héritage de Streets of Rage 4

Streets of Rage 2 est l'un des jeux Mega Drive les plus largement réédités du catalogue Sega : Sega Smash Pack (Dreamcast, 2000), Sonic Gems Collection (PlayStation 2 et GameCube, version japonaise), Sonic's Ultimate Genesis Collection (Xbox 360 et PlayStation 3), Sega Genesis Classics (Xbox One et PlayStation 4), et plus récemment le service Nintendo Classics sur Switch depuis octobre 2021. Une version entièrement retravaillée, 3D Streets of Rage 2, développée par le studio japonais M2, spécialiste reconnu des portages soignés, ajoute la stéréoscopie 3D et deux modes inédits sur Nintendo 3DS en 2015.

La suite officielle, longtemps espérée, finit par arriver avec Streets of Rage 4, développé par les studios français Dotemu et Guard Crush Games avec Lizardcube et sorti le 30 avril 2020. Le jeu intègre un Mode Rétro qui permet de jouer avec les sprites originaux des personnages de la trilogie Mega Drive, dont Max et Skate, ainsi qu'avec la bande-son classique de Yuzo Koshiro directement intégrée sans surcoût, un hommage explicite qui confirme la place de Streets of Rage 2 comme la référence de la série aux yeux de ses propres héritiers.

Bande-annonce de lancement de Streets of Rage 4 (2020)

Streets of Rage 4 (Dotemu, Lizardcube, Guard Crush Games, 2020) : la bande-annonce de lancement.

Sega a par ailleurs choisi 2026, année du 35e anniversaire du premier Streets of Rage, pour lancer SEGA Universe, un projet transmédia annoncé le 24 avril 2026 qui doit décliner plusieurs de ses licences historiques, Streets of Rage comprise, au-delà du seul jeu vidéo. Aucun nouveau jeu n'est encore confirmé à ce jour pour la série à travers ce programme, mais l'attention retrouvée de Sega pour sa franchise confirme, trente-quatre ans après, que Streets of Rage 2 reste le sommet auquel toute la série continue de se mesurer.

À retenir

  • Note d'époque quasi maximale (9/10) : Streets of Rage 2 ne crée pas le beat them all, déjà installé par Double Dragon et Final Fight, mais il en devient la référence absolue sur console de salon, numéro un des ventes au Royaume-Uni et au Japon dès janvier 1993.
  • Note actuelle quasi maximale (8/10) : les contrôles, la variété des quatre personnages et la bande-son de Yuzo Koshiro et Motohiro Kawashima n'ont pas pris une ride ; seule la répétitivité propre au genre en solo rappelle son âge, largement effacée par le mode deux joueurs.
  • Largement disponible aujourd'hui (Nintendo Switch Online, compilations Sega), et directement honoré par Streets of Rage 4 (2020) via son Mode Rétro, alors que Sega relance l'attention sur la licence avec le projet SEGA Universe en 2026.

Questions fréquentes

Streets of Rage 2 a-t-il bien vieilli ?

Sur les sensations pures, remarquablement : les contrôles à deux boutons, la précision du saut et des prises, et la bande-son de Yuzo Koshiro et Motohiro Kawashima n'ont pas pris une ride. Ce qui date davantage, c'est la répétitivité propre au genre sur une partie solo complète, largement compensée par le mode deux joueurs en coopération locale.

Pourquoi la bande-son de Streets of Rage 2 est-elle si réputée ?

Composée par Yuzo Koshiro et Motohiro Kawashima sur un matériel déjà ancien pour l'époque (un ordinateur NEC PC-8801 et un langage de programmation musicale maison), elle emprunte à la house, à la techno et au breakbeat naissants avec une inventivité jugée révolutionnaire en 1992, et reste citée aujourd'hui parmi les meilleures bandes-son de l'histoire du jeu vidéo.

Comment jouer à Streets of Rage 2 aujourd'hui ?

Le jeu figure au catalogue Mega Drive de Nintendo Switch Online depuis octobre 2021, ainsi que dans plusieurs compilations Sega sur les plateformes actuelles. Streets of Rage 4 (2020) propose aussi un Mode Rétro qui permet de retrouver les sprites et la bande-son originale de Streets of Rage 2 directement intégrés.

RelectureMega DriveBeat them all1992
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Damien

Fondateur & rédacteur en chef

Passionné de rétro gaming et ancien professionnel de l'industrie du jeu vidéo, il a réuni une collection de plus de 2 200 jeux. Voir tous ses articles →