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Disney's Hercules (1997) : test rétro et verdict 2026

Cette relecture porte sur Disney's Hercules Action Game d'Eurocom, sorti sur PlayStation en 1997 en parallèle du film d'animation dont il est tiré. Un jeu de plateforme à licence qui a divisé la critique dès sa sortie, analysé ici sur son apport d'époque autant que sur sa tenue manette en main aujourd'hui.

Jaquette de Disney's Hercules (1997)
Disney's Hercules Action Game, Eurocom / Virgin Interactive, 1997. Jaquette via IGDB.

En 1997, les jeux tirés de films Disney avaient déjà une réputation à tenir : Aladdin et Le Roi Lion, sortis quelques années plus tôt sur 16 bits, comptent parmi les meilleures adaptations du genre. Disney's Hercules devait reprendre cette recette sur la PlayStation naissante, entre sprites dessinés à la main et décors en polygones. Le résultat a partagé la presse dès sa sortie, entre jeu attachant et redite habile.

Repères

Développeur
Eurocom Entertainment Software (Tiertex Design Studios pour la version Game Boy)
Éditeur
Virgin Interactive (Amérique du Nord), Sony Computer Entertainment (Europe)
Sortie
3 juillet 1997 (États-Unis), 14 novembre 1997 (Europe)
Genre
Plateforme et action, à licence
Ventes
recettes qui valent à Virgin Interactive un prix « Gold » au festival Milia de Cannes en 1999, pour plus de 15 millions d'euros dans l'Union européenne en 1998

Le verdict en deux notes

Note d'époque
ce que le jeu a apporté à sa sortie
6/10
Disney's Hercules mélange avec soin sprites dessinés à la main et décors en polygones, réutilise la voix et la musique du film, et s'écoule assez pour valoir à Virgin Interactive un prix « Gold » au festival Milia de Cannes en 1999. Mais 1997 est l'année où la 3D devient la norme attendue du jeu vidéo, Super Mario 64 puis Tomb Raider en tête : un jeu majoritairement en deux dimensions se juge alors à l'aune de ce qu'il n'est pas, et une partie de la presse américaine le compare sans détour à un jeu de la génération précédente à peine maquillé.
Note actuelle
selon les critères d'aujourd'hui
7/10
Le paradoxe joue en sa faveur : en misant sur des sprites dessinés à la main plutôt que sur une 3D encore balbutiante, Disney's Hercules a évité l'écueil qui date le plus sévèrement ses contemporains pleinement polygonaux, modèles anguleux et textures baveuses. L'animation fidèle au film n'a pas pris une ride, et le jeu reste agréable à parcourir, même si le combat, sommaire, et la caméra des rares passages en trois dimensions rappellent son âge.

Deux notes distinctes : la note d'époque mesure ce que le jeu a apporté au médium à sa sortie (elle ne bouge plus) ; la note actuelle mesure le plaisir réel de qui le lance en 2026, selon les critères d'aujourd'hui, sans filtre nostalgique.

Disney's Hercules occupe une place modeste mais révélatrice dans l'histoire du jeu sous licence cinématographique, et sa double note raconte moins l'histoire d'un jeu que celle d'un basculement technique. Développé par Eurocom en parallèle de la sortie du film, il mélange des sprites de Hercule peints à la main avec des décors et quelques passages en polygones, à un moment où le médium ne jure plus que par la 3D : Super Mario 64 est sorti l'année précédente, Tomb Raider la même année. Une partie de la presse de 1997, Electronic Gaming Monthly et GameSpot en tête, salue un généreux best-of du plateforme 16 bits porté à la puissance supérieure ; une autre, à commencer par le magazine américain Next Generation, aux côtés de GamePro, le juge daté avant même sa sortie, au motif qu'il reste fondamentalement un jeu en deux dimensions à l'heure de la 3D triomphante. C'est cette attente d'une 3D plus poussée, plus que la qualité réelle du jeu, qui plafonne notre note d'époque : un jeu honnête et soigné, jugé en retard sur son temps par une partie non négligeable de ses contemporains. Manette en main aujourd'hui, ce même choix technique tourne à son avantage. Les jeux pleinement polygonaux de 1997 ont, pour la plupart, mal vieilli visuellement, tandis que l'animation dessinée à la main de Hercule, elle, n'a pas pris une ride : en misant sur le 2D plutôt que sur une 3D encore balbutiante, le jeu a involontairement choisi le camp qui traverse le mieux les décennies. Le combat reste sommaire et les rares passages en trois dimensions trahissent une caméra capricieuse, mais l'ensemble se laisse encore parcourir avec un vrai plaisir, porté par une direction artistique et une bande-son fidèles au film. Ni oublié ni culte, Disney's Hercules est un cas d'école : un jeu pénalisé en 1997 pour ce qui le préserve aujourd'hui.

Ce qu'il a tenté en 1997

Gameplay de Disney's Hercules sur PlayStation

Disney's Hercules sur PlayStation : l'original de 1997 en action. (Vidéo NeoGamer, The Video Game Archive.)

Eurocom Entertainment Software, studio britannique alors surtout connu pour des adaptations de licences, développe Disney's Hercules en parallèle direct du film d'animation, sorti en salles le 27 juin 1997 aux États-Unis. Le jeu paraît quelques jours plus tard, le 3 juillet, sur PlayStation et Microsoft Windows ; une version Game Boy distincte, développée par Tiertex Design Studios, sort le même mois pour l'éditeur THQ.

L'ambition affichée est de prolonger l'héritage des meilleurs jeux de plateforme Disney de l'ère 16 bits, Aladdin et Le Roi Lion en tête, tout en profitant de la puissance neuve de la PlayStation. Le résultat mélange des sprites de Hercule dessinés et animés à la main avec des décors et quelques passages en polygones, une technique que la presse de l'époque juge globalement réussie. Dix niveaux se répartissent en trois modes de difficulté, du classique Beginner et Medium jusqu'au bien nommé Herculean, clin d'œil au surnom du héros ; les deux derniers niveaux ne sont accessibles que dans les modes les plus relevés.

Hercule combat à l'épée, peut aussi frapper à mains nues, et ramasse des pouvoirs temporaires baptisés Gifts of the Gods (dons des dieux) : l'épée-éclair, l'épée de feu, l'épée sonique, ainsi qu'un casque d'invisibilité. Le bestiaire, entièrement tiré de la mythologie et du film, comprend le centaure Nessos, le Minotaure, les Harpies, l'Hydre, les oiseaux du lac Stymphale, une Gorgone, plusieurs Titans, un Cyclope et Hadès lui-même en fin de parcours. Fait notable pour l'époque, le jeu reprend les voix et la musique originales du film, un soin que la presse a largement salué.

Une réception critique divisée dès 1997

La presse spécialisée de 1997 ne s'accorde pas sur la valeur du jeu, un cas assez rare pour une adaptation de film à cette époque. Electronic Gaming Monthly lui attribue 8,25/10 et salue un jeu qui reprend tout ce qu'on aimait des classiques du side-scrolling en leur donnant un solide coup de fouet 32 bits. GameSpot, qui lui donne 7,6/10, le décrit comme une sorte de best-of des jeux Disney 16 bits, réussissant à en garder les meilleurs éléments tout en les portant au niveau de la PlayStation. L'agrégateur GameRankings retient une moyenne de 80%, sur quatre tests recensés.

D'autres titres se montrent nettement plus sévères, et pour une raison précise : 1997 est l'année où la 3D devient la référence que tout le monde attend, entre Super Mario 64 (1996) et Tomb Raider (sorti la même année). Le magazine américain Next Generation juge que le jeu suit à la lettre la formule de tout side-scrolling de l'ère 16 bits, au point de le comparer à un jeu Mega Drive, et estime que ses éléments modernes restent superficiels : le reproche porte moins sur l'exécution que sur le choix, déjà jugé daté, de rester un jeu majoritairement en deux dimensions. GamePro résume le sentiment en une phrase : le vrai problème, c'est qu'on a déjà tous joué à ce jeu, juste avec un autre habillage. Commercialement, pourtant, le jeu trouve son public : il vaut à Virgin Interactive un prix « Gold » au festival Milia de Cannes en 1999, récompensant plus de 15 millions d'euros de recettes dans l'Union européenne sur la seule année 1998.

Capture de Disney's Hercules (1997)
Hercule affronte Nessos le centaure : un bestiaire entièrement tiré de la mythologie du film. Capture via IGDB.

Comment il a vieilli

Ce qui reste le plus impressionnant aujourd'hui, c'est justement ce qui divisait la critique en 1997 : l'animation de Hercule, dessinée et animée à la main image par image, et la reprise fidèle des voix et de la musique du film. Contrairement à la plupart des jeux pleinement polygonaux de la même année, souvent trahis aujourd'hui par des modèles anguleux et des textures pauvres, ce parti pris pour le dessin animé n'a pas pris une ride : le mélange de sprites en deux dimensions et de décors en polygones se regarde encore avec plaisir.

Le jeu lui-même, en revanche, montre son âge sur des points plus attendus. Le combat se limite, l'essentiel du temps, à marteler le bouton d'épée face à des ennemis peu variés, et les quelques passages en trois dimensions souffrent d'une caméra qui peine à suivre l'action. Le level design, honnête sans être inventif, ne cherche jamais à dépasser le cadre du side-scrolling classique que la critique de 1997 lui reprochait déjà. Mais la partie se termine sans lourdeur, et se relance aujourd'hui avec un plaisir qui doit autant à son charme visuel intact qu'à la nostalgie du film.

Comment le jeu tient, critère par critère, avec nos yeux d'aujourd'hui.
CritèreVerdict en 2026
Lisibilité et contrôlesSimple et immédiat : sauts, prises de rebord et attaques à l'épée se comprennent en quelques minutes ; les rares passages en 3D souffrent d'une caméra moins précise.
Systèmes de jeuUn plateforme-action classique de l'ère 16 bits porté en 32 bits : combos à l'épée, pouvoirs temporaires (Gifts of the Gods), niveaux de vitesse imposée. Efficace, mais déjà sans surprise pour l'époque.
Technique et représentationLe mélange de sprites peints à la main et de décors en polygones reste la vraie réussite technique du jeu, saluée dès 1997 ; la voix et la musique du film sont fidèlement reprises.
Rythme et frictionDix niveaux courts, trois modes de difficulté (Beginner, Medium, Herculean) ; le combat, répétitif (marteler le bouton d'épée), use plus vite que le level design.
Accès aujourd'huiContrasté : la réédition PSOne Classic de 2011 s'éteint avec la fermeture du PlayStation Store PS3/Vita ; la version PC (GOG.com, Steam, depuis 2019) reste la voie légale la plus durable.

Rejouer à Disney's Hercules aujourd'hui

Le jeu n'a jamais eu droit à un remaster ou à un remake : il est absent de la Disney Classic Games Collection (qui réunit Aladdin, Le Roi Lion et Le Livre de la jungle) et d'aucune autre compilation Disney sortie depuis. La version PlayStation d'origine a été rééditée en PSOne Classic (jeu PS1 vendu en dématérialisé) sur PS3 et PS Vita dès mars 2011, mais cette offre s'éteint avec la fermeture progressive, entamée en 2026, du PlayStation Store sur ces deux machines.

La voie la plus durable aujourd'hui reste la version PC, vendue sans protection sur GOG.com et sur Steam depuis le 17 mai 2019. Le disque PlayStation d'origine, lui, reste courant et bon marché sur le marché de l'occasion (voir notre guide pour acheter une PlayStation), et jouable en émulation (voir notre guide pour émuler la PlayStation).

À retenir

  • Note d'époque mesurée (6/10) : en 1997, l'année où la 3D devient la référence attendue (Super Mario 64, Tomb Raider), un jeu majoritairement en 2D se voit jugé daté par une partie de la presse (le magazine Next Generation, GamePro), même salué par d'autres (EGM, GameSpot).
  • Note actuelle en hausse (7/10) : le pari du 2D dessiné à la main plutôt que d'une 3D encore balbutiante est justement ce qui préserve le jeu du vieillissement visuel qui frappe la plupart de ses contemporains pleinement polygonaux.
  • Aucun remaster n'existe ; la version PC vendue sur GOG.com et Steam depuis 2019 est la voie légale la plus durable, la réédition PSOne Classic de 2011 s'éteignant avec la fermeture du PlayStation Store PS3/Vita.

Questions fréquentes

Disney's Hercules a-t-il bien vieilli ?

Plutôt bien, et pour une raison précise : en misant sur des sprites dessinés à la main plutôt que sur une 3D encore balbutiante, le jeu a évité l'écueil visuel qui date le plus sévèrement ses contemporains de 1997. Le combat reste sommaire et la caméra tâtonne dans les rares passages en trois dimensions, mais l'ensemble se parcourt encore avec plaisir.

Pourquoi la critique était-elle divisée à la sortie de Disney's Hercules ?

Electronic Gaming Monthly et GameSpot saluaient un best-of réussi des jeux Disney 16 bits porté sur PlayStation, tandis que le magazine Next Generation et GamePro y voyaient un side-scroller classique à peine modernisé, à l'heure où la 3D (Super Mario 64, Tomb Raider) devenait la référence attendue du jeu vidéo. Cet écart de jugement était déjà présent en 1997.

Existe-t-il un remaster de Disney's Hercules ?

Non. La version PlayStation a été rééditée en PSOne Classic sur PS3 et PS Vita en 2011, mais cette offre disparaît avec la fermeture progressive du PlayStation Store sur ces machines. La version PC, vendue sur GOG.com et Steam depuis 2019, reste la voie légale la plus durable.

Comment jouer à Disney's Hercules aujourd'hui ?

Le plus simple est la version PC, disponible sur GOG.com et Steam depuis 2019. Le disque PlayStation d'origine reste courant et bon marché d'occasion, et jouable en émulation.

RelecturePlayStationPlateforme1997Licence
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Damien

Fondateur & rédacteur en chef

Passionné de rétro gaming et ancien professionnel de l'industrie du jeu vidéo, il a réuni une collection de plus de 2 200 jeux. Voir tous ses articles →